Schaulager

Ouvert aux professionnels et au public depuis 2003, le Schaulager est une commande de la Fondation Emanuel Hoffmann établie en 1933 par Maya Hoffmann-Stehlin devenu Maya Sacher (1898-1989), qui commémore l'engagement de son mari en faveur de l'art contemporain à la suite du décès prématuré de celui-ci en 1932. Il abrite notamment la collection de la fondation. Il a pour mission d'être tout ensemble un lieu d'entreposage, d'étude et de présentation de l'art moderne et contemporain. Il s'adresse en priorité aux professionnels et acteurs de l'art. Les expositions et manifestations ouvertes à un public plus large n'interviennent que plus rarement . Il n'est ni un musée à proprement parler, ni un entrepôt . Par la modularité exemplaire de ses infrastructures il transforme le foyer d'une exposition en un lieu autonome de stockage, indépendant de tout musée tiers. Il permet à l'art de vivre, de se mouvoir en dehors des périodes où il est exposé au public. Les créations ne sont plus enfermées dans des caisses mais visibles et vérifiables à tout moment, ce qui offre un horizon exclusif de compréhension et d'appréciation d'une oeuvre ou d'un ensemble d'oeuvres. L'esprit de collection devient ainsi le point de départ d'une dynamique alliant créativité, activité, apprentissage et plaisir.

L'art a son cocon où se sublimer.

La tâche des architectes Herzog et de Meuron fut de créer un entrepôt ouvert destiné non seulement à conserver des oeuvres d'art moderne mais à les présenter et permettre leur étude. Il s'agissait de concevoir non pas un entrepôt froid et impersonnel mais un lieu unique en prise directe avec l'énergie architecturale de son temps capable d'accueillir un nombre important d'oeuvres . L'un des défis était de rendre accessible cette grande quantité d'oeuvres tout en étant libéré des contraintes de présentation liées à un musée. Le Schaulager est également le lieu d'expositions monumentales pour lesquelles le Musée d'Art Moderne de Basel serait trop limité. Des bureaux et ateliers, un auditorium, des plate-formes de chargement et déchargement complètent la distribution de l'espace. Contrairement aux structures légères optimisées par ordinateur devenues la norme aujourd'hui, le bâti se veut résolument solide, stable et durable . Les lourds murs extérieurs se composent de multiples couches de terre et laissent percevoir par endroits des roches brutes, produits de l'excavation. Le bâtiment polygonal semble avoir été extrudé d' un immense bloc de matériau brut et rempli harmonieusement l'espace de sa minéralité géométrique. La forme de l'ouvrage dérive de considérations générales sur l'optimisation du volume disponible. L'ensemble propose une surface colossale de 16500 M2 dont 7250 sont entièrement dédiés au stockage des oeuvres. L'inertie des parois permise par leur épaisseur et le matériau employé présente par ailleurs les propriétés idéales pour le contrôle fin de la température à l'intérieur du bâtiment.

Landscape 2.0 : Le paysage sublimé par le digital.

Les murs, fenêtres et surfaces s'intègrent comme un paysage en soi. Les surfaces se parent des galets tirés de l'excavation initiale et en respectent les irrégularités de même que les fenêtres dont les lignes épousent les formes naturelles des pierres . En vérité, ces courbes furent dessinées par ordinateur pour reproduire à grande échelle le motif naturel des galets. En résulte un paysage tant artificiel que naturel offrant un remarquable travail sur le rapport au dehors et transformant la périphérie urbaine en véritable paysage. Les revêtements des murs et plafonds répondent au même souci visuel.

L'art au coeur de la cité

Deux écrans projettent vers l'extérieur un ensemble de créations spécialement commandé à des artistes du monde entier et font en permanence le lien avec le public situé à l'extérieur de l'édifice. Conçu comme un lieu d'étude et de silence, Le Schaulager n'en est pas moins la pièce centrale du nouveau quartier Dreispitz/Münchenstein, élargissant la zone de Bâle vers le sud. Par une approche globale de l'art et la réunion de ses différents cycles de vie: création, diffusion, stockage dynamique et étude, le Schaulager offre la fraicheur d'un art en mouvement au sein de la cité, au centre de la vie géographique et culturelle des citoyens helvètes qui l'intègrent dans leur quotidien comme une composante essentielle de la ville et plus généralement de l'espace public, et non comme un énième musée ou entrepôt hermétique et impersonnel.

Comprendre l'ambition du Schaulager c'est comprendre la nécessité d'offrir à l'art les outils de sa pleine réalisation et de la pérennité de ses oeuvres.

L'accès est en premier lieu destiné aux professionnels qui peuvent consulter les oeuvres durant toute l'année. Les deux premiers niveaux sont ouverts au public d'avril à octobre.

Ruchfeldstrasse 19 | 4142 Münchenstein/Basel

T +41 (0)61 335 32 32 | Fax +41 (0)61 335 32 30

info@schaulager.org

Elie Lobermann